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Les enjeux cachés des aimants rares : un défi pour l'industrie automobile et votre portefeuille

  • il y a 11 minutes
  • 4 min de lecture

Une phrase prononcée par Donald Trump en 2026 a révélé plus qu’une simple menace douanière. Elle a mis en lumière une réalité inquiétante : les États-Unis ne maîtrisent pas la production à grande échelle des aimants en terres rares indispensables aux voitures électriques. Cette dépendance a des conséquences directes sur l’industrie automobile, la souveraineté industrielle, et inévitablement, sur vos investissements. Je vous propose un décryptage clair et concret de cette situation, ainsi que des pistes pour adapter vos portefeuilles.



Vue rapprochée d'un aimant en terres rares utilisé dans un moteur électrique
Aimant en terres rares pour moteur électrique


Ce que la déclaration de M. Trump révèle


En avril 2025, la Chine a commencé à limiter l’exportation des terres rares lourdes et des aimants permanents, essentiels pour les moteurs électriques. Malgré une trêve négociée à l’automne 2025, les flux d’yttrium, dysprosium et terbium restent à moitié inférieurs à leur niveau d’avant la restriction. La phrase « Ils doivent nous donner des aimants » est un aveu clair : les États-Unis dépendent largement des importations chinoises, à hauteur de 71 % pour les terres rares.


Cette déclaration n’est pas qu’une menace tarifaire. Elle souligne quatre points essentiels :


  • Dépendance industrielle : Les États-Unis ne produisent qu’un tiers de leurs besoins en terres rares, malgré un pic de production en 2025.

  • Changement politique : Le véhicule électrique devient un enjeu de souveraineté, plus qu’un simple sujet écologique.

  • Limites des droits de douane : Taxer un produit que l’on ne peut pas fabriquer soi-même revient à se pénaliser.

  • Un problème de long terme : La chaîne de production complète, de la mine à l’aimant, demande des années à reconstruire.



Pourquoi ce sujet est crucial pour l’industrie automobile


Les aimants en terres rares, notamment le NdFeB (néodyme-fer-bore), sont au cœur des moteurs de traction des véhicules électriques. Environ 80 % des moteurs en dépendent, avec 2 à 5 kg d’aimants par voiture. Cette matière première est aussi utilisée dans les éoliennes, les drones, et les systèmes de guidage, ce qui en fait un composant stratégique.


La pénurie ou la hausse des prix impacte directement le coût et la production des véhicules électriques. Depuis avril 2025, le prix de l’yttrium a été multiplié par 140, et celui du dysprosium et du terbium par 4 à 5. Cette flambée des coûts se répercute inévitablement sur les prix finaux, mais aussi sur la rentabilité des constructeurs.



Le vrai goulot d’étranglement : l’usine, pas la mine


Beaucoup pensent que le problème vient du manque de gisements. Ce n’est pas le cas. L’Australie, le Brésil, ou l’Arabie saoudite disposent de réserves importantes. Le défi est industriel : séparer, allier, fritter et aimanter ces terres rares demande une expertise chimique fine et une automatisation avancée.


Reconstruire cette chaîne de valeur coûte cher et nécessite des machines sophistiquées. Par exemple, chaque milliard de dollars investi par les États-Unis dans ce secteur est en réalité une commande d’équipements industriels. La relocalisation ne se fait pas sans robotique, capteurs, et logiciels industriels.



Vue en plongée d'une usine automatisée de production d'aimants en terres rares
Usine automatisée de production d'aimants en terres rares


Ce que cela signifie pour vos investissements


Face à cette contrainte industrielle, j’ai décidé d’introduire une poche minime dans les portefeuilles adaptés, entre 2 % et 5 %, via le fonds Pictet – Robotics. Ce choix ne vise pas à parier directement sur la Chine, les terres rares ou un constructeur automobile, mais sur les machines et technologies que cette contrainte oblige à construire.


Pourquoi ce fonds ?


  • Il investit dans les fournisseurs d’équipements industriels, semi-conducteurs, capteurs, et logiciels, essentiels à l’automatisation des usines.

  • Il existe depuis 2015, avec un historique complet de cycles de marché, ce qui offre une meilleure visibilité sur sa volatilité.

  • Sa taille (plus de 11 milliards d’euros d’encours) et sa liquidité permettent une gestion flexible.


Pourquoi une poche minime ?


  • Le fonds est très exposé à la technologie et à l’intelligence artificielle, secteurs volatils.

  • Le lien avec les terres rares est indirect et long terme, avec un horizon d’au moins cinq ans.

  • Les frais courants sont élevés (1,98 % par an), ce qui justifie de limiter la taille de la position.

  • Une poche satellite doit pouvoir supporter une forte baisse sans compromettre votre stratégie globale.



Ce que vous pouvez retenir


La dépendance aux aimants en terres rares est un problème industriel et politique majeur qui impacte l’automobile électrique et bien d’autres secteurs. Cette situation crée une opportunité d’investissement dans l’automatisation et la robotique, indispensables à la relocalisation et à la reconstruction des chaînes de valeur.


Pour les investisseurs et épargnants, il s’agit d’une thématique à intégrer avec prudence, en gardant une vision long terme et en limitant la taille de l’exposition. La clé est de comprendre que cette contrainte physique ne se résoudra pas rapidement, mais qu’elle ouvre la voie à une transformation industrielle profonde.


Je reste à votre disposition pour discuter plus en détail de cette allocation et de son adéquation avec votre profil et vos objectifs.



Alexandre Morelli

Président — CAPITAL CONSEILS²



Document à caractère informatif. Ce contenu ne constitue pas un conseil personnalisé en investissement. Toute décision doit être prise après analyse de votre situation personnelle.


 
 
 

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